(Billet initialement publié le 11 mars 2007)

J’aime le journalisme, j’aime en parler. Alors je suis allé aux premières Assises du journalisme, qui se sont tenus du 7 au 9 mars à Lille et Arras. Profession en crise, décriée mais nécessaire, professionnels désabusés ou surchargés, les sujets d’interrogation n’ont pas manqué, comme en témoigne le programme, riche, de ces Assises. Alors que le train du retour vers Strasbourg se fait attendre, j’ai quand même un regret: et si tout cela n’avait servi à rien ?

J’ai eu plusieurs interrogations: pour enrayer les Tsunamis médiatiques, ne pourrait-on pas mettre en place un système interne à la profession de vérification des sources ? Pas de réponse claire: l’AFP par exemple, ne semble pas prête à publier à la fin de ses dépêches les sources et les contacts des informations qu’elles contiennent. Sur la pertinence d’une information de qualité, je me suis interrogé sur l’économie de ce marché: le journalisme d’investigation est-il rentable ? On m’a répondu que oui, je persiste à croire que non. Sinon, comment expliquer la pâleur des informations publiées chaque jour en France aujourd’hui ?

Au final, j’ai eu l’impression que si les maux du journalisme en France étaient bien connus (concentration des médias, absence de grands groupes de presse capables d’investir, misère de la presse quotidienne, peu d’indépendance réelle ou trop de complaisance de bon voisinage de la part des journalistes, frilosité des rédactions…), les solutions, elles, restent à inventer. Certaines ont bien été avancées mais elles n’ont guère emporté l’enthousiasme des participants soit parce qu’elles sont irréalistes (recouper les informations des agences de presse par exemple), soit parce qu’elles heurtent les traditions d’une profession éprise de liberté, soit encore parce qu’elles demanderaient trop d’efforts.

Un appel est tout de même sorti de ces Assises, pour l’inclusion d’une charte du journalisme dans la convention collective. Les « règles » de bon journalisme, qui existent aujourd’hui avec plus ou moins de bonheur selon les rédactions, auraient alors force de loi. Mbon pourquoi pas ? J’ai peur que même ainsi, la « nécessité de temps et de moyens » inscrits pour produire une « information de qualité » ne restent des lettres mortes.

Au final, la question essentielle pourrait-être: est-ce que le journalisme peut être réformé ? Puisque le marché, c’est à dire lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, ne poussent pas vers l’émergence de médias de qualité (donc chers), puisque les écoles ne peuvent pas vraiment modifier leurs critères de sélection ni leurs cursus, puisque le capitalisme continuera d’exiger rentabilité et profitabilité à l’information et puisque le courage manque chez les journalistes (plus on monte dans la hiérarchie, plus il manque), comment réformer ? Par où commencer ? Ce sera peut-être la question des deuxièmes Assises…

Neo-journalism, that's what I do. Founder @Rue89Strasbourg #journalism #innovation #geek #Strasbourg

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store